Et c’est encore les visions fugitives de levers du jour sur les grands lac suédois, sur les steppes d’Asie centrale, ou sur les ruines Maya au coeur de la Jungle mexicaine... Sans parler du Mont Blanc qui se reflète, l’espace de quelques minutes sur la surface de l’ étang de Birieux, en Dombes, si près de chez-moi.


Enfin,  l’idée du voyage, partir pour revenir, citoyen du ciel.


Je pars pour enregistrer les oiseaux et je découvre des hommes, à proximité des oiseaux. Des hommes qui partagent les mêmes paysages, et les mêmes rythmes de vie. Des hommes qui eux aussi ont leurs coutumes et leurs dialectes. Que dire des hommes ? De toutes ces figures rencontrées au fils des expéditions ? La moustache frétillante de Nelson paysan dans le delta du Danube, le sourire éclatant de Babacar dans la savane arbustive Sénégalaise, le parler bourru du garde forestier canadien, l’accueil si chaleureux des nomades mongols ou bien encore, dans le Vercors,  le regard interrogateur de l’agriculteur perché sur son tracteur qui préfère les alouettes dans son assiette plutôt que dans les airs...

 

merci les oiseaux

Pourquoi les oiseaux.


Et pourquoi le chant des oiseaux plus que les oiseaux eux-mêmes.

Pour le musicien, il y a sans doute la fascination du modèle naturel, de  l’objet tout prêt, qui propose la richesse, la complexité et le mystère de son sens.

Sans doute aussi le goût pour la lumière du petit matin, la fraîcheur de la nature au lever du jour, et la marche, propice aux spéculations de l’esprit. La force du parfum et le poids de la terre dans l’humidité qui précède les chaleurs du soleil à venir.

Sans parler de la solitude, de cette situation particulière qui pousse à présenter à un public, le plus nombreux possible, ce que je découvre seul, tout seul, terriblement seul, alors que tout sommeille encore.


Et puis il y a la gratuité!

L’apparente inutilité du chant. Séduction ?  Rivalités ?  Délimitation acoustique d’un territoire ( c’est tellement mieux que de pisser aux quatre coins).

L’oiseau symbole, angélique, entre ciel et terre, arrose le bas monde de joie et d’énergie. L’oiseau à qui le Bon Dieu apporte la pâture. L’oiseau qui ne compte pas et ne tient pas de comptes.

Il n’en reste pas moins que le chant est un territoire d’énergie, de fureur de vivre, cri d’identité, affirmation de la vie à qui veut l’entendre, à qui peut l’entendre.


Il est donc musique! qu’on se le dise. Fragile et intelligent, sensible et fonctionnel.